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Du crowdsourcing au crowdfunding : les secrets de l’engagement de la foule

Interview experts Enerfip x Fanvoice – Mars 2021

Investir du temps et ses idées pour une marque, une entreprise, un produit ou investir de l’argent pour un projet, une cause, un retour sur investissement : ces deux types de démarches impliquent l’engagement d’un grand nombre d’individus, tantôt désignés comme participants, citoyens, communauté ou encore investisseurs. Quelles- sont les spécificités du crowdfunding et du crowdsourcing ? Ces deux approches mobilisent-elles les mêmes leviers d’engagements ? Quels sont les bénéfices attendus par ceux qui conduisent ces dynamiques et par ceux qui s’y engagent ?

Éléments de réponses avec Julie Devinant, DGA de Fanvoice, plateforme digitale participative qui permet d’engager des foules dans des projets de co-création et « qui a pour ambition de raccourcir la distance entre les marques et leurs clients ou leurs collaborateurs », et Léo Lemordant, Président et co-fondateur d’Enerfip, plateforme de financement participatif, qui propose au citoyen de placer son épargne en direct, dans des projets de la Transition Energétique.

Julie Devinant est Directrice Générale Adjointe de Fanvoice

Julie Devinant est Directrice Générale Adjointe de Fanvoice ; experte du pilotage des communautés (études prospectives, lancements de produits, bêta-tests pour AXA, EDF, Coca-Cola, La Poste…), elle débute sa carrière dans le Groupe Publicis au planning stratégique / consumer insight et rejoint Fanvoice en 2016 pour accompagner la mise en place des 1ères plateformes. Elle pilote aujourd’hui les équipes Conseil, Etude et Marketing. 

Léo Lemordant est président et cofondateur d'Enerfip, la plateforme de financement participatif dédiée à la Transition Energétique

Léo Lemordant est président et cofondateur d’Enerfip, la plateforme de financement participatif dédiée à la Transition Energétique, offrant aux citoyens des placements d’épargne verts et transparents. Ingénieur Centralien et PhD de Columbia University (New York), Léo a connu une première carrière scientifique et technique autour du cycle de l’eau, entre développement de concessions hydroélectriques et étude des relations entre végétation et climat. 

La notion de crowd implique une participation directe de la foule. Mais avant même de s’engager dans un projet spécifique, existe-t-il quelque chose qui rassemble les individus en foule ? 

Julie Devinant : Dans le crowd il y a une affinité, à un instant T, avec une entreprise et ses problématiques, qui rassemble les membres de la communauté. Les gens qui participent se sentent en proximité avec une marque. C’est vertueux à partir du moment où il y a cette affinité positive entre le participant et la marque. Ces individus ont envie de challenger les marques pour les rendre plus responsables, plus vertueuses, plus engagées et surtout pour qu’elles répondent mieux à leurs attentes de consommateurs et de citoyens.

Léo Lemordant : Chez Enerfip, on s’adresse à tous les publics, et on pourrait se dire qu’il n’est pas évident de fédérer un public aussi large. En effet, si le ticket minimum est de 10 euros, le plus grand ticket investi à ce jour est de 2,1 millions d’euros. On retrouve dans notre communauté aussi bien des étudiants fauchés qu’un directeur d’une grande banque française cotée en bourse… Tout le spectre de la population française se trouve ainsi représenté. Et ce qui rassemble les gens c’est évidemment les projets que nous proposons, qui permettent de réconcilier utilité sociale et environnementale avec la rémunération attractive de l’épargne.  

Il y a ainsi 3 raisons qui se superposent pour lesquelles les gens participent :

  • Investir dans quelque chose qu’on comprend et placer son épargne sur quelque chose d’utile. Pour les énergies renouvelables, cette utilité est évidente.
  • Court-circuiter les acteurs traditionnels. Chercher une solution hors-système et transparente, à l’opposé des acteurs traditionnels, qui appliquent des frais et dont on ne comprend pas bien le fonctionnement. On y trouve plus de sens, comme lorsqu’on achète des fruits en direct auprès des agriculteurs.
  • et évidemment les projets sont financièrement attractifs en soi. C’est une raison très prosaïque, mais notre produit est également un placement financier.

Crowdfunding ou crowdsourcing : quels sont les secrets de la réussite d’un projet ?

Julie Devinant : Pour le crowdsourcing les facteurs clés de succès sont l’honnêteté et la transparence de l’entreprise sur le but de sa démarche. S’il n’y a pas de partage de la visée opérationnelle derrière une opération de crowdsourcing, il est sûr qu’elle court à l’échec, voire qu’elle fera du tort à la marque. Il y a un second point : une fois que la marque a fait appel à la foule, qu’un projet s’est déroulé, il est important de partager les résultats, de dire ce que l’on a appris et ce, même dans le cas où on aurait appris peu de choses.

Il faut enfin un engagement des opérationnels, c’est-à-dire, un engagement des équipes en interne. Cela peut faire peur au chef de projet, chef de produit, responsable marketing … mais on se rend compte que c’est la meilleure façon de rendre ces initiatives vertueuses.

Enfin, l’ensemble s’inscrit bien entendu dans un plan stratégique global. Et il faut que la Direction Générale soit convaincue du bien-fondé de l’initiative.

Léo Lemordant : L’un des secrets est la sincérité du discours et l’un des métiers d’Enerfip, c’est de créer de la confiance. C’est crucial quand on touche à l’épargne des gens.

Ce que viennent chercher nos concitoyens, c’est être en prise direct avec la personne qui porte le projet. A titre d’exemple, nous avons systématisé les visioconférences avec un représentant de la société qui porte le projet (le directeur financier, la direction du développement, où même le PDG de la société), qui prend le temps de présenter son projet et de discuter avec les investisseurs. Ces visioconférences rencontrent un très large succès avec jusqu’à plus 300 participants ! On a des retours extraordinaires. 

Le rôle d’un chef de projet semble essentiel aussi bien dans les démarches de crowdfunding que dans celles de crowdsourcing. Quelles sont les bonnes pratiques pour mobiliser ces acteurs ?

Julie Devinant : Il y a en effet ce besoin d’avoir le porteur au plus près de la foule. Or, nous sommes sur des professionnels du marketing, de l’innovation qui ne sont pas toujours acculturés à prendre la parole et à être en contact direct avec des gens. Cela peut faire peur de devoir parler avec des gens qui consomment ses propres produits et services et qui sont là pour les critiquer. La plateforme Fanvoice a été conçue en ce sens. Elle démontre qu’il est « cool » de parler avec des gens et qu’il ne faut pas avoir peur.

On fait donc du coaching, de la formation. On accompagne les chefs de projets, et ma plus grande joie c’est d’avoir un chef de projet d’abord récalcitrant, puis qui en redemande et se réjouit de pouvoir pour la première fois parler en direct avec ses consommateurs.

Léo Lemordant : Chez nous, le chef de projet est plutôt du côté Enerfip, et c’est un véritable couteau-suisse. C’est lui qui va prendre un dossier, l’instruire financièrement, le présenter en comité de sélection, le préparer juridiquement, coordonner la communication, organiser le lancement de la collecte, puis suivre le recouvrement des fonds et suivre au long cours la vie du projet pour informer nos investisseurs des avancées. Il est absolument clé dans la mobilisation du porteur de projet, pour obtenir les bonnes informations à redistribuer à notre communauté, organiser une visio-conférence de présentation, etc… C’est le pivot entre le porteur de projet et les investisseurs.

Pour le Crowdfunding comme pour le Crowdsourcing, existe-t-il une notion géographique, de territoire ou de culture qui serait plus ou moins favorables au développement de projets ?

Julie Devinant : La dimension digitale de la plateforme place sur un second plan cette dimension de territoire en général. Il y a un parti-pris, comme avec le pseudonyme par lequel s’expriment les gens, qui est qu’on se moque de qui ils sont et d’où ils viennent. Ce qui importe c’est ce qu’ils pensent et leur posture de critique bienveillante pour les entreprises. Cette posture est celle des grands appels à idées ouverts et publiques. 

A contrario, nous avons aussi certains exercices de crowdsourcing dont la clé d’entrée est directement le territoire, comme pour les caisses régionales d’une banque, ou un grand organisme social à compétence départementale. Dans ce cas le sujet est traité à la maille d’un territoire, le projet est réservé uniquement aux personnes concernés par la problématique locale pour que les enseignements reflètent les attentes du territoire. 

Léo Lemordant : La dimension territoriale est très prégnante sur Enerfip, tout simplement car les projets que nous proposons sont de véritables projets d’aménagement du territoire. Les riverains en sont affectés, positivement ou négativement au premier chef. Et de fait, nous observons de vraies variations culturelles. De région en région, réussir à engager les gens peut être plus ou moins délicat. Nous allons fréquemment à la rencontre de nos concitoyens, à l’occasion de réunions publiques en période normale, avant la COVID. Ainsi il y a des territoires où l’on nous pose beaucoup de questions interro-négatives et où la méfiance se ressent. 

Ailleurs, le contexte est radicalement différent. Les gens viennent à la réunion publique ; restent une demi-heure à nous écouter ; et à la fin ils viennent nous dire que c’est génial et sortent le chéquier pour investir sur le champ. L’épargne est particulièrement révélatrice des pratiques culturelles régionales. 

Pour conclure cet échange, quels seraient les signes, aussi bien pour le Crowdfunding que pour le Crowdsourcing, qui montreraient que ces démarches se développent et correspondent à de profonds et durables changements de société ?

Julie Devinant : Je pense qu’il y a deux mondes qui coexistent : l’ancien et le nouveau. Le nouveau monde est celui des marques digital native. Elles se sont construites en partant du principe que le crowd fait partie de leur écosystème et qu’elles ne peuvent pas se passer du lien direct avec leurs consommateurs. 

C’est inscrit à chaque instant de leur existence : dans le consumer insight, dans le social selling et les réseaux sociaux sont au cœur de leur relationnel. Les entreprises sont devenues fondamentalement communautaires. Elles savent qu’aujourd’hui, un client n’achètera pas un produit ou une marque qui ne lui correspond pas ou qui accumulerait les critiques négatives sur internet. Chez Fanvoice, on aide justement ces entreprises, qui n’ont pas encore cette culture du crowd dans leur ADN, leurs outils ou leurs processus, à pivoter, à se donner les moyens de mettre le client au centre et à renforcer ce lien avec lui.

Léo Lemordant : Aujourd’hui, tous les paramètres sont au vert côté investisseurs, l’offre est attractive.  Ce qui nous montre que la tendance se développe et devient une tendance de fonds, c’est que l’on conquiert de plus en plus de publics premium. Cette tendance se diffuse aussi dans tous les milieux : le crowdfunding devient un produit d’épargne crédible et pas seulement une niche. Côté porteurs de projet, le crowdfunding devient de plus en plus une figure imposée d’un projet d’énergie renouvelable, à la demande expresse de la population, du personnel politique ou même car ce passage obligé est entré dans le corpus des bonnes pratiques du secteur. Certains ont également simplement des besoins de fonds ; le crowdfunding est une solution tout à fait viable et pertinente, nous sommes de plus en plus sollicités pour des montants très significatifs, et dans de plus en plus de secteurs différents. 

Pour en savoir plus :

J.devinant@fanvoice.com – fanvoice.com

leo@enerfip.fr – Enerfip.fr

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5 idées reçues sur la co-création

Au détour d’un récent échange avec la Direction Innovation d’un grand groupe, j’ai pu mesurer à quel point la co-création était encore méconnue voire caricaturée. Alors que je proposais de réfléchir à un dispositif de co-création, on m’a répondu “oui enfin, on ne va pas demander à nos clients s’ils préfèrent le logo en bleu ou en rouge…”. Comme si la co-création se limitait à cet exercice superficiel et n’offrait aucun autre bénéfice. Les idées reçues ont la vie dure, aussi me suis-je dit qu’il avait encore de la pédagogie à faire. Ce billet d’humeur y participe !

co-création - Fanvoice

  • NON, la co-création ce n’est pas demander aux gens s’ils préfèrent le logo de la marque en bleu ou en rouge

Et ce serait dommage de ne l’envisager que sous ce prisme réducteur. La co-création peut consister en un exercice d’idéation, de compréhension de besoins ou d’attentes non satisfaits, de co-conception d’un produit, d’un service, d’une offre, d’une raison d’être, ou encore un bêta-test, d’une interface, d’une application, d’un produit, d’un service… La co-création présente une palette d’actions dont la variété n’a d’égale que la richesse de ses enseignements.

La Roue de la co-création @fanvoice.fr : de l’idéation à la fidélisation

co-création - Fanvoice

In fine, la co-création recouvre tout exercice qui nécessite de faire appel à l’intelligence collective pour résoudre les challenges business qu’une entreprise doit relever. La crise sanitaire a d’ailleurs révélé le caractère crucial de cette expertise pour réfléchir avec toutes les parties prenantes à la raison d’être de son entreprise. Cela nous amène à notre deuxième point : les publics concernés.

 

  • NON, la co-création n’est pas destinée uniquement  aux influenceurs 

Souvent, on entend parler de co-création avec des influenceurs, des personnes triées sur le volet, sur lesquelles on s’appuiera pour amplifier le dispositif. C’est bel et bien de la co-création, mais disons qu’elle est surtout utile pour servir sa communication et ses RP…

La co-création concerne en réalité toutes les parties prenantes de l’écosystème de la marque : les consommateurs finaux, les clients, les prospects, les collaborateurs, des experts, les influenceurs… et potentiellement, dans les approches ouvertes, toutes les personnes qui se sentent assez proches et concernées par la marque pour interagir avec elle et participer à son amélioration continue.

“Consommateurs finaux, clients, prospects, collaborateurs, experts…  tous les publics sont concernés par la co-création à partir du moment où il y a un intérêt réciproque à entrer en relation et en intelligence. C’est de cette richesse et de la confrontation des points de vue que naissent les plus belles histoires.”

Chez FANVOICE, nous invitons à prendre en compte la voix du client en considérant l’individu dans toutes ses dimensions, à savoir Consommateur, Collaborateur et Citoyen, trois réalités qui nous habitent tous, se complètent et se répondent en permanence.

 

  • NON, la co-création ne concerne pas que l’innovation produit 

Il est vrai qu’historiquement la co-création s’est fait connaître à travers des cas produits, comme par exemple la conception d’une nouvelle voiture ou d’une nouvelle gamme de produits de beauté. Mais aujourd’hui, elle couvre un spectre beaucoup plus large qui transcende la simple innovation. On peut co-créer pour comprendre, co-créer pour tester, co-créer pour fédérer. Et ce sont donc tous les métiers d’une entreprise qui sont concernés : le marketing, la RSE, l’expérience client, la stratégie… Plus récemment, les ressources humaines ont bien compris l’avantage d’intégrer des attentes des collaborateurs et futures recrues dans les réflexion autour du sens du travail.

Je vous invite d’ailleurs à lire ces cas clients, témoignages d’exercice de co-création qui vont bien au-delà de l’innovation produit et montre toute la puissance de la démarche :

SOMFY et son approche miroir, EDF et son challenge autour de l’industrie au féminin, Crédit Agricole Ukraine et le bêta test interne de son application mobile, 6 success stories d’intelligence collective au service de la stratégie d’entreprise.

co-création - Fanvoice

  • Non, la co-création ne remplace pas les études classiques et NON ce n’est pas faire appel à un panel

La co-création apporte une ressource fondamentale pour les entreprises : une communauté. Rassembler toutes les parties prenantes et les faire vivre en communauté, c’est se donner tous les moyens d’interroger à l’envi et en continu des individus engagés et investis d’une mission. Celle de donner du sens à leur quotidien, à leur consommation et donc donner du sens aux marques.

“Dans une dynamique communautaire, nous ne recrutons  pas des participants ; ce sont les individus qui viennent à nous, vers la marque pour co-créer”

Cette ressource communautaire vient en complément des études classiques et permet d’innover en termes de protocole, au contact d’un public particulièrement engagé et prêt à tester des nouveautés. Les communautés de sens et d’intérêt offrent l’opportunité de sonder des attentes, de valider des évolutions, d’être dans une approche de “sensing investigation”.

J’aime l’expression de l’un de nos clients qui, à la question “mais comment recrutez-vous les participants ?”, a simplement répondu “nous ne recrutons personne, ce sont les gens qui viennent à nous”. C’est là une différence fondamentale avec les approches qui font appel à des panels d’individus présélectionnés pour certains attributs. Ce qui nous amène au point suivant : la différence entre communauté et panel…

La difficulté dans la transition qui s’opère sur le marché des études, c’est d’arrêter de penser panel et représentativité pour penser communauté et engagement. Parce qu’il est vain d’essayer d’appliquer une totale représentativité à sa démarche communautaire, au risque simplement de la saboter au lancement.

“Il est vain d’appliquer une logique représentativité au lancement d’une initiative communautaire, au risque de la saboter. Il s’agit avant tout de capitaliser sur des affinités. Vient ensuite le temps de l’analyse et de l’interprétation ”

En effet, une communauté de marque est constituée d’individus en affinité avec la marque. Elle reflète donc en partie l’ADN de la marque, en lien avec les typologies de produits ou de services qu’elle propose. Il s’agit donc d’une représentativité de marque et non d’une représentativité socio démographique. Encore une fois, enquête sur un public représentatif et co-création s’inscrivent en complémentarité, font appel chacune à des méthodologies précises. Si vous vous surprenez à parler de “panel communauté”, c’est que vous n’êtes pas clairs sur la méthodologie que vous mobilisez 😉 .

 

  • Non, la co-création ne résoudra pas tous vos problèmes…mais elle vous apportera une réponse concrète pour booster votre engagement client

Compréhension des besoins de vos clients, amélioration continue, intégration des collaborateurs au coeur de la stratégie d’entreprise, co-conception de produits ou de services, appel à idées… La co-création apporte une réponse concrète à beaucoup de questions de performance et permet notamment d’optimiser l’expérience client (externe et interne) en apportant de l’agilité et de la réactivité à travers des boucles de feedbacks continues. Et c’est le sens de l’histoire des entreprises : plus de conversations, moins de tour d’ivoire, plus d’excellence, moins de silos !

 

Vous voulez en savoir plus ? => contact@fanvoice.com

 

Julie Devinant - Fanvoice

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Les communautés internes au service de la stratégie et de l’efficacité des entreprises

communautés internes - Fanvoice

Les grèves liées à la réforme des retraites suivies d’une crise sanitaire sans précédent ont bouleversé la manière de travailler au sein des entreprises. Le télétravail forcé, pour lequel tout le monde n’était pas préparé et outillé de la même façon, perturbe les interactions au sein des entreprises. Une situation à risque tant pour les collaborateurs, dont l’équilibre psychosocial se voit fortement chahuté, que pour les entreprises qui doivent agir rapidement.

Les modes de fonctionnement au quotidien et les méthodes de management s’ajustent. Les approches collaboratives se multiplient afin de répondre au mieux aux enjeux. Nous vous proposons de découvrir à travers cet article les bénéfices de telles approches tant en période de crise qu’à plus long terme, avec certains exemples d’entreprises qui ont su développer de façon pérenne leurs communautés internes.

 

 

ENJEU 1 : PRÉSERVER SES SALARIÉS EN RESTANT ATTENTIF À EUX

Une récente étude réalisée pour Deskeo durant la période du 19 au 24 mars 2020, et relayée par le journal Le Progrès, met en lumière les nombreuses conséquences du confinement sur le moral des salariés et collaborateurs. On peut ainsi y lire que 76% des Français se disent mal à l’aise chez eux, regrettant ainsi leur bureau.

À défaut de pouvoir instantanément améliorer leur confort à distance, il est primordial pour les entreprises de garder un contact avec leurs collaborateurs. Et cela doit se faire bien au-delà des discussions en ligne, des séries de mails et des sessions de web conférences largement utilisées ces derniers temps. De nombreux salariés à distance sont par ailleurs contraints de gérer des problématiques externes à leur cadre professionnel, et spécifiques à ce contexte de crise (garde d’enfants, maladie de certains membres de la famille, …). Ce qui ajoute de la complexité et de la tension. Pour répondre au sentiment d’éloignement et à cette tension, l’employeur peut proposer écoute et bienveillance via des outils digitaux ad hoc.  

 

ENJEU 2 : DONNER DU SENS AU TRAVAIL ET AU PROJET D’ENTREPRISE

Maintenir l’engagement de ses salariés représente un véritable défi pour les entreprises. Car l’engagement des salariés pour une entreprise est une source de performance importante. Quand les employés se sentent bien, écoutés et valorisés, il y a de grandes chances que cela se reflète dans l’expérience des clients finaux. Un cercle vertueux se met alors en place.

 

ENJEU 3 : RENFORCER LE DIALOGUE SOCIAL DANS UN ENVIRONNEMENT INCERTAIN

Télétravail, chômage, activité partielle, gel des budgets et des recrutements, diminution des salaires, … le monde du travail est sous tension. Apporter des réponses aux salariés pour contrer l’incertitude est nécessaire. Face à la situation actuelle, le gouvernement est très clair sur le sujet : « à situation exceptionnelle, moyens de dialogue renforcés ». Par conséquent, il est primordial que l’employeur s’adapte pour maintenir le dialogue social et mettre ainsi en place rapidement des moyens d’alerte et de remontées d’informations. Il s’agit de véritablement mettre le numérique au service du dialogue social.

Les communautés internes constituent très clairement une réponse à cet enjeu majeur. Au-delà de la gestion actuelle de la situation, cette dynamique de dialogue social renforcé devrait constituer un atout majeur lorsqu’il s’agira de traiter les effets à moyen et long terme. 

 

SOLUTION 1 : FACILITER LES REMONTÉES D’EXPÉRIENCES

Un dispositif de remontée d’expériences, à l’image du projet collaboratif adressé sur Fanvoice.com va permettre à chacun de « vider son sac ». Une manière ludique de renouer le contact, de montrer à tous qu’on est « dans le même bateau ». Certains vont s’en amuser et rebondir sur les idées dans le but de converser, d’autres vont livrer leurs bonnes pratiques tant en matière d’organisation, que de gestion du temps, ou de responsabilisation des enfants par exemple.

communautés internes - Fanvoice

Autant d’échanges qui vont encourager les membres et qui vont permettre d’insuffler, à distance, une dynamique de groupe, un esprit d’équipe, de soutien et de bienveillance.

C’est par exemple ce que réalise en ce moment même la Banque Populaire du Sud sur la plateforme collaborative LE WOK (le site communautaire imaginé à l’initiative de la Fédération Nationale des Banque Populaire et qui rassemble des sociétaires, clients, collaborateurs autours de divers sujets). Le projet collaboratif est libellé « SPÉCIAL CONFINEMENT : Prise de température ». Le jeu de mot peut faire sourire mais témoigne néanmoins de toute la bienveillance de « l’employeur » à l’égard de ses équipes, invitées à partager leurs retours d’expériences pour vivre plus sereinement le confinement.

communautés internes - Fanvoice

FM LOGISTIC (entreprise logistique française) a elle aussi adopté une initiative voisine sur son site collaboratif INFLUENCE MY FM. Face à la situation actuelle, le groupe répond à un enjeu majeur : garantir que la nourriture et les biens de grande consommation arrivent jusqu’aux consommateurs. Et pour ce faire, ce sont tous les collaborateurs qui sont mobilisés. Il est ainsi apparu tout naturel pour la direction de s’adresser à ses collaborateurs restés à la maison afin de leur permettre de s’exprimer sur leur quotidien, mêlant pour certains vie de famille et vie professionnelle.

communautés internes - Fanvoice

 

SOLUTION 2 : INNOVER EN CONTINU AVEC SES COLLABORATEURS 

Lancée en 2017, la Start.box répond à plusieurs objectifs. Le premier est d’inclure tous les collaborateurs dans le processus d’innovation. Il s’agit aussi de lancer des campagnes mobilisatrices : 

  • pour des actions inscrites dans le plan stratégique, 
  • pour de nouveaux services, de nouvelles offres, 
  • pour appuyer des enjeux interne RH, prévention…

communautés internes - Fanvoice

Eiffage c’est 63 000 collaborateurs mais aussi 63 000 innovateurs qui peuvent s’exprimer librement sur La Startbox. Ce dispositif d’innovation participative propose en effet aux collaborateurs de communiquer toutes leurs bonnes idées à travers différents projets proposés à l’année.

La plateforme permet également de sélectionner les meilleures idées, de les récompenser, les valoriser et les mettre en oeuvre en impliquant le CODIR.  Comme en témoigne Benoît de Ruffray, Président Directeur Général d’Eiffage : “ Lors de l’élaboration de notre plan stratégique, nous avons mis en exergue les forces de notre Groupe et les moteurs de son développement, au premier rang desquels l’innovation ”.

 

SOLUTION 3 : FAVORISER LA CULTURE DU BÊTA-TEST

L’open prospective permet à chacun d’être acteur de l’innovation en dénichant des solutions étonnantes et en y apportant un regard critique. C’est le pari fait par Crédit Agricole Consumer Finance (CACF) qui invite ses collaborateurs à se mettre dans la peau du client final pour remonter des tendances de marchés, tester des innovations d’autres marchés transposables au leur, et remettre l’expérience client au cœur de la stratégie.

communautés internes - Fanvoice

Dans le cas de CACF, une plateforme digitale a été mise en place pour accéder aux différentes “campagnes de tests » et partager ses feedbacks. Ainsi la communauté de “beta-testeurs” prend véritablement corps sur la plateforme, les collaborateurs étant visibles et pouvant échanger les uns avec les autres pour confronter leurs points de vue.

C’est une des démarches choisies par l’entreprise pour accélérer sa transformation digitale. Ainsi, plusieurs communautés “locales” de testeurs ont été créées (notamment en Allemagne et au Portugal) pour dénicher de nouveaux produits ou services misant sur une expérience différente, et les tester. Un protocole inédit qui a pour vertu non seulement de faire gagner en agilité mais aussi d’engager différemment les collaborateurs. Une centaine d’entre eux ont déjà rejoint l’initiative.

Aujourd’hui, ce sont près de 2 Français sur 3* qui souhaitent davantage télétravailler à l’issue de cette crise. Ces chiffres laissent entrevoir des changements qui vont s’opérer à plus long terme. Il y a fort à parier que les dispositifs digitaux d’écoute et d’inclusion des collaborateurs dans la stratégie et la prise de décision des entreprises vont se multiplier pour le bien de tous et de chacun.

 

* Enquête réalisée auprès de 2.915 professionnels répartis sur l’ensemble du territoire français, effectuée en ligne, sur le panel propriétaire BuzzPress France, selon la méthode des quotas, durant la période du 2 au 8 avril 2020. 

 

communautés internes - Matthieu Châtellier Fanvoice

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